Une école catholique du centre-ville de Toulouse avait été ciblée par le terroriste Mohammed Merah lors de ses repérages en scooter.
Les projets terroristes de Mohammed Merah, tué par les hommes du Raid et auteur de sept assassinats à Toulouse et Montauban, entre le 11 et le 19 mars, ne se limitaient pas à des militaires et à des personnes de confession juive. Regrettant de « ne pas en avoir assez tué », avait-il confessé lors de ses terribles aveux auprès du négociateur du Raid au moment du siège de son appartement par les policiers, Merah avait également pour cible une école catholique de Toulouse.
Selon nos informations, celui que l'on surnommait le tueur au scooter avait fait des repérages au centre ville et notamment Grande Rue Nazareth, devant l'école collège Saint-Thomas d'Aquin. Une institution centenaire qui accueille de nombreux enfants et adolescents de très bonnes familles. Mais cette cible présentait manifestement des difficultés en raison de l'étroitesse des rues et des directions de fuite bien trop dangereuses.
Autre élément nouveau, Mohammed Merah aurait également eu un autre projet d'attentat, à Paris. Il voulait cibler cette fois l'ambassade d'Inde, avant de renoncer. Selon le journal « Le Monde », c'est la cible que lui auraient recommandé de choisir les talibans lors de son séjour au Pakistan en été 2011. Mais Mohammed Merah, très attiré par les armes à feu, avait d'abord opté pour des cibles toulousaines. Après avoir abattu trois militaires, trois enfants et un rabin devant une école, Mohammed Merah avait également ciblé des policiers toulousains, devant le commissariat central et des militaires de la caserne Pérignon, dans le quartier de la Côte-Pavée, non loin de son domicile, rue du Sergent-Vigné.
Ces nouvelles révélations interviennent alors que les familles des militaires tués demandent toute la transparence sur l'enquête. Transparence au niveau des échanges entre Mohammed Merah et le Raid, tout au long des trente heures de l'assaut, et transparence également sur la surveillance du terroriste par les enquêteurs de la direction centrale du renseignement intérieur. L'enquête de la sous-direction de l'antiterrorisme se concentre toujours sur l'existence supposée d'un réseau dont aurait pu bénéficier Merah.
Son frère aîné, Abdelkader, mis en examen pour « complicité d'assassinats et association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste », est toujours la seule personne écrouée dans ce dossier. Il aurait pris part au vol du scooter le 6 mars, à Toulouse. Un Tmax 530 gris foncé dont le tracker, ce dispositif permettant de localiser le véhicule en cas de vol, a été enlevé et détruit dans la foulée.
Placé à l'isolement à la prison de Fresnes depuis son incarcération le 26 mars, Abdlekader Merah, 29 ans, le frère de Mohammed Merah, nie toujours toute implication dans les assassinats perpétrés par son cadet. Présenté par les enquêteurs de l'antiterrorisme comme le « guide spirituel » de Mohammed Merah, celui qui aurait « endoctriné » le jeune terroriste, Abdelkader avait lui aussi une passion pour les deux-roues. Ce salafiste se revendiquant d'un islam dur, « par choix personnel après avoir étudié toutes les autres religions », selon ses proches, avait fait l'acquisition d'une grosse moto quelques mois avant les tueries. Il avait acheté à crédit une Yamaha R1, un bolide de 1000 cm3 d'occasion dont la valeur est estimée à environ 12 000€. Une somme importante au regard des revenus modestes qu'il percevait. [...]
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