— Petit lexique monétaire
Inflation : phénomène de hausse des prix liée à différents facteurs tels qu’un gonflement excessif de la masse monétaire ou une circulation monétaire plus rapide que celle de la production ; un excès de la demande sur l’offre ; un accroissement des coûts de production.
• C’est la comparaison des prix nominaux dans le temps qui permet de mesurer un taux d’inflation. L’inflation est cependant toujours hétérogène, tous les prix n’évoluant pas de la même façon. Ainsi constate-t-on souvent que les prix des services augmentent plus vite que ceux des biens, surtout manufacturés. Enfin, en période d’inflation, salaires et revenus augmentent aussi. La comparaison de leur évolution nominale avec celle des prix permet de mesurer des prix réels, qui rendent compte de l’évolution du pouvoir d’achat. Ainsi, en France, de 1949 à la fin des années 1970, si les prix nominaux ont beaucoup augmenté, les prix réels ont baissé. L’inflation n’a donc pas alors érodé le pouvoir d’achat des Français.
• On peut distinguer une inflation rampante (inférieure à 10 % de hausse annuelle des prix) ; une inflation rapide (à deux chiffres, jusqu’à 100 % de hausse annuelle) ; une inflation galopante, enfin (supérieure à 100 %), qui, dans des cas heureusement rares, prend la forme d’une hyperinflation (Allemagne en 1923, Russie soviétique de 1918 à 1922).
Déflation : La déflation est un phénomène de baisse des prix (l’inverse de l’inflation). Mais on peut aussi parler de politique de déflation, pour désigner l’action consistant à freiner la hausse des prix par des mesures d’austérité telles que la réduction de la masse monétaire, l’encadrement et le renchérissement du crédit (opéré par le biais d’une hausse des taux d’intérêt), la hausse des recettes publiques (notamment des prélèvements obligatoires) et la compression des dépenses (rigueur budgétaire), le contrôle des revenus (rigueur salariale)…
• La déflation ne doit pas être confondue avec la désinflation, puisque, au sens strict, celle-ci désigne une réduction des taux d’inflation (qui restent cependant positifs). Dans le courant des années 1980, une désinflation s’est opérée dans les grands pays industrialisés (dont les taux d’inflation ont été ramenés à un niveau bas). Ce fut le cas en France avec le fameux « tournant de la rigueur » opéré par Pierre Mauroy en 1983. Mais on ne peut considérer qu’une économie entre en déflation que lorsque les taux d’intérêts y deviennent durablement négatifs.
• La politique menée au Royaume-Uni après la Première guerre mondiale pour permettre une réévaluation de la livre sterling est un bon exemple de politique de déflation classique.
• L’économie mondiale, pendant la crise des années 1930, est en déflation. La baisse des prix agricoles et industriels est partout durable et prononcée.
Dépréciation monétaire : Perte de valeur d’une monnaie mesurable à la fois sur le plan intérieur et extérieur. Sur le plan intérieur, la dépréciation d’une monnaie résulte de l’inflation, puisque la hausse des prix signifie que le pouvoir d’achat de l’unité monétaire s’érode (en période d’inflation, on sait qu’on achètera moins de biens avec 50 euros dans six mois ou un an qu’aujourd’hui). Sur le plan extérieur, il y a dépréciation de fait d’une monnaie lorsque, même en système de taux de change officiellement fixes, un marché des changes parallèle s’installe où se pratique un change moins avantageux à cette monnaie, avec une décote par rapport au cours officiel. La dépréciation est officialisée quand les autorités monétaires l’entérinent en procédant à une dévaluation.
• Il y a eu de fortes dépréciations des monnaies européennes dans la période des changes flottants consécutive à la fin de la Première guerre mondiale (celle du mark étant la plus spectaculaire). Le franc a connu à partir de 1919 une dépréciation marquée, qui s’est accélérée entre 1924 et 1926 et qu’a entérinée la dévaluation de 1928. Le dollar s’est fortement déprécié de 1973 à 1979 après l’abandon des parités fixes (ou plutôt le système des parités étroitement encadrées qu’avait instauré les accords de Bretton Woods en juillet 1944).
Dévaluation : la dévaluation consiste, pour les autorités monétaires d’un pays, à affaiblir la valeur de la monnaie nationale en modifiant sa parité pour diminuer son taux de change par rapport à l’étalon de référence (or, dollar, DTS ou droit de tirage spécial ou encore monnaie du Fond monétaire international).
• Avant le XXe siècle, les épisodes d’inflation, sans être inconnus (inflation liée à l’émission excessive d’assignats sous le Révolution française, guerre de sécession aux Etats-Unis) étaient généralement circonscrits et limités. Née pendant la Première guerre mondiale, l’inflation paraît être devenue bien plus structurelle au XXe siècle. Il est donc logique que les dévaluations, très rares au XIXe siècle, soient devenues bien plus courantes au XXe.
• Dans les années 1920, les dévaluations, opérées en France et dans la plupart des autres pays d’Europe occidentale, apparaissent comme la sanction inévitable de l’inflation accumulée depuis la guerre. Le Royaume-Uni se refuse cependant par son refus de dévaluer, et mène, pour ramener sa convertibilité à la même parité-or qu’en 1914, une politique de déflation qui handicape pourtant beaucoup son économie. On peut donc dire que la livre s’est dépréciée, pendant et après la Première guerre mondiale, mais elle n’a pas été dévaluée, les Britanniques étant parvenus à enrayer sa dépréciation, puis à opérer une « réappréciation » de leur monnaie.
• Dans les années 1930, les dévaluations ont été utilisées assez efficacement, notamment par le Royaume-Uni puis les États-Unis, pour combattre la crise ou plutôt l’« exporter » dans d’autres pays. Elles permettaient aux pays qui y eurent recours, premièrement, d’améliorer leur situation commerciale, en favorisant les exportations (les prix nationaux apparaissent plus attractifs) et en freinant les importations (le pouvoir d’achat externe d’une monnaie dévaluée est par définition amoindri) ; deuxièmement, d’arrêter les fuites de capitaux (la dévaluation de la livre devait arrêter une hémorragie de capitaux d’autant plus dangereuse que celle-ci était convertible en or) ; troisièmement, de lutter contre la déflation née de la crise, qui alourdissait notamment le poids des dettes (la dévaluation du dollar en 1934 devait ainsi permettre une politique d’inflation allégeant les pertes des producteurs et les difficultés des débiteurs).
• Au terme des accords de Bretton Woods, le recours aux dévaluations aurait dû devenir exceptionnel et limité après la Deuxième guerre mondiale. En fait, l’inflation amena plusieurs pays, particulièrement la France, à pratiquer des dévaluations en chaîne. Mais dans le contexte des « Trente glorieuses », le recours aux dévaluations était devenu plus néfaste qu’efficace. D’abord, en renchérissant les importations, elles nourrissaient l’inflation dans le pays qui les pratiquait, entretenant ainsi un cercle vicieux. L’avantage obtenu à l’exportation était donc éphémère. Ensuite, en sanctionnant les détenteurs de capitaux, elles créaient une méfiance durable qui encourageait la spéculation. Enfin, en affaiblissant la monnaie d’un pays, elles y favorisaient les investissements étrangers (si une monnaie est dévaluée, le pouvoir d’achat des autres monnaies dans le pays augmente, et les étrangers y acquièrent donc plus facilement des entreprises ou des actions), avec le risque d’une perte d’indépendance de l’appareil de production national.
Réévaluation : La réévaluation, qui est l’inverse d’une dévaluation, consiste, pour les autorités monétaires d’un pays, à renforcer la valeur nationale de la monnaie en modifiant sa parité pour augmenter son taux de change par rapport à l’étalon de référence (or, dollar, ou DTS). Comme la dévaluation, elle peut être le résultat d’un choix délibéré, ou une mesure imposée par des contraintes extérieures.
• Des réévaluations ont été pratiquées notamment par la République fédérale allemande pendant les « Trente glorieuses » et après. En effet, ce pays jouissait d’une fort bonne santé économique : croissance forte et régulière ; faible taux de chômage ; faible taux d’inflation ; excédents commerciaux permanents. Il en résultait un afflux de capitaux étrangers en RFA, et donc une forte demande de marks sur le marché des changes. Dans ces conditions, les autorités ouest-allemandes durent à plusieurs reprises laisser flotter à la hausse leur monnaie, pour rendre officiels ensuite des taux de change réévalués. Sans handicaper réellement les exportations allemandes, ces réévaluations ont favorisé une déflation des coûts d’approvisionnement pour l’industrie ouest-allemande (puisque le pouvoir d’achat du deutschemark à l’étranger se trouvait renforcé à chaque réévaluation), et ont donc renforcé la stabilité des prix. Une inflation assez marquée affectant alors les pays voisins (notamment la France), la tendance à l’appréciation du mark s’en trouvait encore renforcée. On était dans un véritable « cercle vertueux ».
Comme le Front national l’anticipait depuis 2005 et en l’annonçant dès juin 2008, la crise finale de l’euro a commencé et l’éclatement de la zone euro s’opère par un krach obligataire rampant dû à une « eurodivergence » intenable.
Échec économique et social depuis sa mise en place, machine à fabriquer des chômeurs et à faire pression à la baisse pression sur le pouvoir d’achat, la monnaie unique contraint aujourd’hui les États de plus en plus insolvables de la zone euro au surendettement et au marasme social, sous l’influence du Fond monétaire international, de l’Union européenne et du G20, qui inventent des plans de sauvetages aussi démentiels qu’inutiles.
De nombreux économistes français rejoignent notre diagnostic sur l’agonie de l’euro : Jacques Sapir, Norman Palma, Jean-Luc Greau, Christian Saint-Étienne, Philippe Simonnot, Alain Cotta, Maurice Allais…
Pourtant il y a des raisons d’espérer. En effet, nous pensons qu’il est préférable de préparer le plan B de la fin de l’euro plutôt que de la subir par une panique monétaire.
Sous l’impulsion de Marine Le Pen et des experts qui l’entourent, le Front national a donc travaillé sur un plan de sortie de l’euro en douze étapes essentielles. Le processus détaillé ici, permettra à la France de retrouver sa souveraineté monétaire dans un cadre nouveau où la politique retrouvera son mot à dire, dans l’intérêt prioritaire de tous les Français. L’objectif stratégique, bien compris, est d’améliorer la stabilité économique et sociale interne du pays par des ajustements monétaires.
Préparer une sortie intelligente et simple de l’euro, c’est le moyen pour notre patrie de renouer avec l’espérance, car dans la doctrine économique et politique du Front national, une nation = une monnaie.
Avant la sortie
1. Négocier avec les autres pays européens qui souffrent de la monnaie unique une « sortie groupée » de la zone euro et de l’Union européenne, ensemble et le même jour. Ces pays sont l’Irlande, la Grèce, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, la Belgique… Retrouver le groupe des pays européens aux monnaies libres : Suisse, Norvège, Suède, Danemark…
2. Créer un « ministère des Souverainetés », ministère technique transversal chargé de la coordonner la restauration de la France dans tous les domaines (monétaire, budgétaire, commercial, migratoire, militaire, diplomatique, juridique, etc.)
3. Préparer la fabrication de la nouvelle monnaie nationale, le franc, pour éviter la rupture des signes monétaires (pénurie de billets de banque). Les imprimeries de Chamalières (comme aujourd’hui) produiront au fur et à mesure, sous contrôle de la Banque de France des billets (5,10, 20, 50, 100, 200 et 500 francs) et à moindre coût. Les chéquiers en euros pourront également rester en vigueur par simple substitution de l’euro en franc.
4. Restaurer la Banque de France dans ses prérogatives d’institution monétaire (mais elle conservera son autonomie vis-à-vis de l’État) et dans son rôle de définition de la politique monétaire de la France en coopération avec le ministère de l’économie et des Finances.
5. Abroger la loi du 3 janvier 1973 qui interdit à l’État d’emprunter à la Banque de France et qui l’oblige à se financer de façon onéreuse auprès des banques privées et des marchés financiers internationaux.
6. Seule ou avec d’autres pays, la France annonce officiellement qu’elle se dote d’une monnaie nationale, le franc, et qu’elle quitte en conséquence la zone euro, pour sortir de la crise mortelle qui l’affecte. Instantanément, l’euro perd le peu de crédibilité institutionnelle qui lui reste.
Au moment de la sortie
Institutionnellement, « battre monnaie » est le privilège régalien d’une nation et donc un retour à la souveraineté monétaire ; cela implique qu’une ordonnance (article 38) de notre Constitution autorisera le gouvernement à agir dans l’urgence pour sauvegarder la stabilité.
7. Mettre en circulation les nouvelles pièces et billets de francs et autoriser la double circulation avec l’euro pendant un à deux mois. Opération conduite sous la supervision de la Banque de France.
8. Établir de façon temporaire un contrôle des changes, levé une fois la situation financière stabilisée.
9. Au bout de deux mois de double circulation, seul le franc a cours légal en France.
10. La parité fixée est la suivante : 1 euro = 1 franc avec un taux de change fixe et ajustable (si euro monnaie commune). Pour maintenir au mieux le pouvoir d’achat. Par conséquent, le prix des biens de consommation ne changera pas pour éviter à nouveau un mouvement très inflationniste comme lors du passage du franc à l’euro. Par exemple, la baguette de 1 euro passerait à 1 franc et non à 6 francs 57 (en dix ans, perte de 40 % de pouvoir d’achat ). Il n’est pas question de revenir au Franc « Pinay » soit 1 euros = 6 francs 57.
11. Désormais, la politique monétaire de la France est conduite conjointement par le ministre de l’Économie et des Finances ainsi que le gouverneur de la Banque de France, sous contrôle populaire, par une commission de surveillance parlementaire.
Dans un premier temps, le franc devraient paradoxalement se réévaluer de x % face au dollar, à la peseta, à la drachme, à la lire, à la livre sterling, etc., compte tenu de l’état relatif (par rapport à la France) de décomposition des économies des pays de la zone euro (hors l’Allemagne) voir des États-Unis. Grâce à notre politique économique et à la stabilité monétaire que nous allons rétablir au niveau domestique, nous serions dans un deuxième temps contraints de pratiquer une dévaluation compétitive maîtrisée (acte politique fort et positif pour le pays), tout comme les États-Unis et la Chine la pratiquent actuellement.
Cette dévaluation prévisible de l’ordre de 20 à 25 % du franc aurait plus d’avantages que d’inconvénients. Elle augmenterait certes de 20 % la dette extérieure, souscrite en euros (à condition que l’euro existe encore), soit 67 % de la dette. Ce qui représente une augmentation de 10 points de dette par rapport au PIB, loin du tsunami parfois annoncé par les tenants de l’euro. Ceci est sans compter bien entendu le phénomène inflationniste inévitable dû au désordre monétaire mondial.
Surtout, cette dévaluation produirait des effets très positifs sur la dynamique de l’économie nationale, compensant largement la hausse provisoire de la dette : gains de compétitivité, soutien aux exportations. Parallèlement, nous allons grâce à la « déprivatisation de l’argent public » (fin de l’open market) – soit une « monétisation de la dette » pour obtenir une capacité d’autofinancement allouée à l’économie réelle, par un dégagement d’excédents budgétaires – entamer aussi un mouvement de résorption de la dette plus rapidement, sans désastre social. Selon nos prévisions et avec notre modèle économique patriotique, il est possible de recouvrer l’équilibre budgétaire à partir de 2016 et de résorber une majorité du capital dette publique à l’horizon 2025. Cette politique était celle des Trente glorieuses.
Après la sortie
12. Un an après la sortie de l’euro, le ministère des Souverainetés publie un premier bilan de l’impact de cette décision sur l’économie, l’industrie, le commerce, le pouvoir d’achat et l’emploi. Le cas échéant, en fonction de l’évolution du système monétaire international, le franc pourrait être adossé ultérieurement à un étalon monétaire polymétallique constitué d’un panier de monnaies et de métaux précieux (or, argent, platine…). Avec la dislocation de l’euro, la monnaie d’occupation est morte, alors vive le franc.
« L’hyperinflation consécutive à la sortie de l’euro aura pour conséquence inévitable l’effondrement du pouvoir d’achat des Français. »
Aujourd’hui, il existe déjà une inflation cachée, qui se trouve dans l’endettement colossal de la France : faut-il rappeler qu’avec une dette publique totale de presque 1700 milliards d’euros, soit 83 % du PIB, nous sommes quasiment les champions du monde des déficits ?
De plus, en conservant l’euro, la résorption de la dette (voir plus bas) nécessitera forcément l’augmentation des impôts et des coupes drastiques dans les budgets sociaux, et donc, à terme, une baisse du pouvoir d’achat.
À l’inverse, l’instauration des droits de douane différenciés et la dévaluation de l’ordre de 20 à 25 % du franc relanceront l’économie et l’emploi, de même qu’ils dégageront des marges de manœuvre budgétaires pour lutter contre les déficits. Or, la lutte contre les déficits, via la diminution de la masse monétaire en circulation qu’elle induit, c’est la lutte contre l’inflation. Par ailleurs, nous instaurerons le retour à l’échelle mobile des salaires (supprimée en 1983 par Jacques Delors et François Mitterrand sur l’autel de la rigueur…), c’est-à-dire la réindexation des salaires sur l’envolée des prix, de manière à garantir à chaque Français un pouvoir d’achat digne de ce nom.
« Le prix des importations va monter en flèche. Et comment allons-nous payer le pétrole, qui sera toujours libellé en dollars ? »
En effet, le pétrole continuera à s’échanger en dollars, pour la simple et bonne raison que le dollar, certes déclinant compte tenu de l’instabilité de l’économie américaine, reste la monnaie de réserve internationale de référence. Cependant, il faut bien faire la distinction entre deux types de produits : ceux que nous importons mais que nous produisons aussi ou que nous sommes susceptibles de produire à l’avenir, notamment une fois la dévaluation compétitive mise en œuvre, et ceux que nous importons et que nous ne pourrons jamais produire faute de ressources naturelles (l’exemple le plus parlant étant le pétrole).
Pour la première catégorie de produits, le renchérissement des importations (par ailleurs accentué par l’instauration des droits de douane différenciés) est un mal pour un bien, car cela aura pour conséquence de rendre plus chers les produits fabriqués à l’étranger comparativement à ceux fabriqués en France. Il s’ensuivra donc une relocalisation de la production à l’intérieur du territoire national.
S’agissant de la deuxième catégorie, c’est-à-dire principalement les matières premières, nous procéderons à une diminution des taxes prélevées par l’État et les collectivités locales sur ces produits. Ainsi, pour le pétrole, la taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP), qui représente environ 60 % des prix à la pompe, sera abaissée de 20 %.
Cette diminution des ressources financières sera compensée par la taxation des superprofits des entreprises du CAC 40. Ainsi, les bénéfices du géant pétrolier Total ont augmenté de 32 % en 2010, à 10,3 milliards d’euros, qui plus est en pleine crise économique.
« Les pays vers qui nous exportons établiront eux-mêmes des mesures de rétorsion pour éviter d’y perdre au change. »
Mais c’est déjà le cas… Beaucoup de grands pays pratiquent un protectionnisme raisonné et raisonnable à leurs frontières, soit sous forme monétaire, soit sous forme douanière (ou les deux). Les États-Unis, via les quantitative easings I et II récemment mis en œuvre par la Fed (Réserve fédérale), viennent de procéder à de grandes opérations de monétisation de leur dette et, ainsi, à une politique de dévaluation compétitive conforme à leurs propres intérêts. Quant à la Chine, son yuan sous-évalué a précisément pour objectif de favoriser la production nationale et les exportations des produits chinois vers le reste du monde. Nous pourrions également évoquer le cas du Brésil, où les produits industriels de l’Union européenne sont taxés à 30 %, ou encore celui de l’Inde, prête à défendre son acier par tous les moyens. Il n’y a aucune raison que la France, actuellement coincée par le dogme eurocrate de la soi-disant « concurrence libre et non faussée », soit condamnée à rester le dindon de la farce ad vitam aeternam : a-t-on le droit de se faire respecter ?
« Si le franc est dévalué de 20 %, la dette publique détenue par les non-résidents augmentera elle aussi de 20 %. Comment allez-vous donc éviter la fuite en avant des finances publiques ? »
Effectivement, d’après les derniers chiffres de l’Agence France Trésor (AFT) datant de septembre 2010, 69 % des 1574 milliards d’euros (soit 1086 milliards) de dette française étaient détenus par des non-résidents. En cas de retour à un franc dévalué de 20 %, ces 1086 milliards, souscrits en euro, augmenteraient mécaniquement pour atteindre environ 1300 milliards. D’où, outre les bénéfices fiscaux induits par une relance de l’activité suite à la dévaluation compétitive, la nécessité d’abroger la loi de 1973 (voir ci-dessous) : en cessant cette véritable folie qui a consisté à payer plus de 1300 milliards d’euros d’intérêts depuis 1973 (soit presque l’équivalent de notre dette), dès 2016, la France aura retrouvé des excédents budgétaires, et dès 2025, la totalité de la dette publique aura été remboursée. Avec le statut quo actuel prôné par le Système, qui plus est au prix de sacrifices sociaux considérables, il faudra attendre plus de cent ans avant que la dette de la France soit remboursée… Cette perspective ne semble d’ailleurs pas gêner le gouvernement puisque Philippe Mills, le directeur de l’AFT, a récemment révélé dans une interview aux Échos qu’il n’excluait pas de lancer des emprunts d’une durée de 100 ans (50 ans étant la durée la plus longue actuellement) : comme disait Keynes, « À long terme nous serons tous mort. », alors empruntons à un siècle et dormons tranquille…
« Les agences de notation vont s’empresser de dégrader la note de la France et les taux d’intérêt exigés par les marchés atteindront voire dépasseront les 10 %. »
Du fait de l’abrogation de la loi Pompidou-Giscard-Rothschild du 2 janvier 1973, qui à obligé l’État français à aller emprunter sur les marchés financiers rapaces, la question ne se posera plus : les agences de notation ne seront plus payées par la France pour noter sa dette, puisqu’elle ne fera plus appel aux investisseurs privés pour la financer.
Comme c’était le cas avant 1973, la France pourra alors emprunter à 0 % à la Banque de France (qui aura donc retrouvé son pouvoir historique et régalien de battre monnaie), et non pas à 10 % comme certains le prédisent.
« Le franc se dépréciera progressivement et finira par ne rien valoir sur la scène internationale. »
C’est faux. Du fait de l’effondrement programmé du système monétaire international, le franc n’évoluera plus au sein d’un système de changes flottants comme c’est le cas actuellement pour l’euro, mais sera très probablement adossé à un étalon monétaire polymétallique constitué d’un panier de monnaies et de métaux précieux (or, argent platine, platine…). Avec le retour à un système en partie similaire à celui de l’étalon-or (qui avait d’ailleurs parfaitement bien fonctionné durant les années 1900), il deviendra beaucoup plus difficile de spéculer contre notre monnaie, tout simplement parce que son cours ne sera ni déterminé en fonction de l’offre et de la demande (système de changes flottants), ni même exclusivement en fonction de telle ou telle autre monnaie (système de changes fixes), mais bien en fonction de métaux de référence.
« Je vous mets au défi de me citer un seul économiste sérieux qui soutient actuellement vos thèses sur la sortie de l’euro. »
Il n’y en a pas seulement un, mais une bonne dizaine, par ailleurs tous extrêmement compétents. Les plus connus sont Christian Saint-Éienne, ex-économiste au FMI et auteur de La fin de l’euro, Jacques Sapir, professeur à l’EHESS, Norman Palma, maître de conférence à l’Université Paris-Sorbonne, Jean-Luc Gréau, ancien expert du MEDEF, Philippe Simonnot, chroniqueur au Monde et au Figaro, Alain Cotta, auteur de Sortir de l’euro ou mourir à petit feu… Sans oublier Maurice Allais (1911-2010), seul Français de l’Histoire à avoir obtenu le prix Nobel d’économie, en 1988. En 2012, « On risque d’avoir une Marine Le Pen et un Front national qui arrivent avec le seul programme économique raisonnable. » : une phrase à méditer… et qui nous vient d’Emmanuel Todd en personne.
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