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Chine : Airbus ou l'auto-suicide planifié !

par fnj 31 13 Septembre 2012, 03:57

C919.jpgLa visite d’Angela Merkel début septembre en Chine fut l’occasion de dévoiler le nouvel accord entre Airbus et un consortium chinois mené par AVIC s’agissant de la pérennisation de l’usine Airbus de Tianjin (seule usine hors d’Europe) qui vient de terminer le montage de son 100ème Airbus.

En effet, cette ligne d’assemblage a été créée suite à l’accord signé par J. Chirac et Wen Jiabao en 2005. Afin de prolonger cette ligne, de dures négociations ont eu lieu pour permettre le maintien de cette FAL (Final Assembly Line – chaîne finale d’assemblage). Les chinois ont ainsi demandé que les appareils assemblés à Tianjin ne soient plus uniquement destinés au seul marché de l’Empire du Milieu comme le prévoyait l’accord initial.

Airbus vient de céder sur un premier pan. En vertu du nouvel accord, non seulement l’usine de Tianjin est pérennisée mais l’usine chinoise va désormais pouvoir assembler des avions destinés au marché des sociétés de leasing chinoises. C’est-à-dire des sociétés qui acquerront des avions pour les mettre en location auprès de compagnies aériennes qui ne seront pas forcément chinoises. L’on sait par exemple que certaines compagnies de leasing représentent les plus gros clients d’Airbus, de même de nombreuses sociétés de leasing chinoises louent leurs avions à des compagnies aériennes asiatiques comme l’importante compagnie indonésienne AirAsia (parmi les 1ères sur le marché asiatique). C’est donc un marché d’exportation qui ne dit pas son nom. Airbus et les politiciens européens ont encore renoncé à défendre nos emplois en plus du transfert de technologie déjà opéré avec l’ouverture de se site chinois.

Autre gain pour Pékin, Airbus vient de leur accorder la possibilité d’assembler sur son site l’A320 Neo, la version remotorisée (plus économe) qui est l’avion le plus vendu par Airbus.

La menace est grave, car non seulement nous cédons sur la piètre barrière que nous avions fixé aux chinois, mais il s’avère que le partenaire chinois de l’usine d’assemblage est aussi celui qui se prépare à lancer le concurrent du Neo avec le C919 (1ère livraison en 2016 Photo). Un pillage en règle se met en place.

Les chinois viennent de lancer le dernier piège pour organiser le captage technologique. Ainsi Pékin a décidé en Mai dernier que le matériel aéronautique fabriqué sur son sol devra, d’ici 2015, obtenir la certification de son agence de sécurité aérienne en plus de l’homologation européenne (AESA). Il semble que cette homologation demande la fourniture de nombreuses informations. L’AESA redoute que ces informations revêtent un caractère « très sensible ».

Le prochain combat qui s’annonce sera celui de l’homologation du C919 pour l’exporter en Europe. La boucle sera bouclée. Airbus qui a déjà commencé à sacrifier des emplois européens sur la table de l’ogre chinois, s’apprête ainsi à sacrifier sa technologie pour faire ainsi naitre celui qui demain viendra lui tailler des croupières sur son marché domestique avec un avion 25% moins cher.

Les décisionnaires européens et d’Airbus devraient méditer la sage parole de Lao Tseu : « Quand la crainte de ne veille pas, il arrive ce qui était à craindre ».

Etienne Aubrac

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