Tribune libre de Romain Cardelli, membre du Collectif Marianne, étudiant et militant patriote niçois à l'Université Nice-Sophia Antipolis
Les récentes manifestations des étudiants en Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives ont eu assez peu d’écho médiatique, et, il faut le dire, n’ont rencontré pour toute réponse qu’un silence assourdissant de la part du gouvernement. Une fois encore, le temps des promesses présidentielles est bien loin, lorsque François Hollande claironnait 30 engagements solennels dans le domaine du sport.
Les problèmes soulevés par l’Association Nationale des Etudiants en STAPS sont de plusieurs ordres :
- La lisibilité des formations du Sport et l’absence de cohérence nationale : deux ensembles de formations s’affrontent, celles du Ministère en charge de l’Enseignement supérieur, et celles du Ministère en charge des Sports ;
- L’absence de concertations, marquée notamment par la suppression du Centre d’Analyse des Formations des Emplois, des Métiers de l’Animation et du Sport (CAFEMAS) le 13 Juin 2013, ou l’annulation de plusieurs commissions de travail attenant au projet de Loi de modernisation du sport ;
- Le tirage au sort des étudiants à l’entrée, en raison de la limitation des capacités d’accueil.
Sous couvert d’une logique égalitariste, qui au fond n’étonne guère de la part du pouvoir socialiste, confier au seul hasard la réussite des jeunes a tout de l’amateurisme politique et de l’absence de vision à long terme. Nous dénonçons cette dérive anti-méritocratique mais tenons à sensibiliser la jeunesse sur les raisons qui la motivent, et notamment un Baccalauréat fortement dévalorisé. En fixant l’objectif (atteint puis dépassé) des 80% de réussite au baccalauréat, nos dirigeants ont privilégié la massification sur l’excellence. En revoyant systématiquement à la baisse les exigences du baccalauréat, en faisant de l’Université la voie du choix par défaut pour les lycéens les plus en difficulté, ils ont condamné à l’échec la plupart des formations universitaires qui autrefois étaient la promesse d’emplois stables et correctement rémunérés.
Dans le domaine sportif, la création de brevets professionnels par le Ministère en charge des Sports concurrençant les formations universitaires par des formations plus courtes mais aussi plus chères, dévalorise encore un peu plus le rôle de l’Université en ouvrant la voie vers une sélection par l’argent au sein même de leviers stratégiques de l’Etat.
Nous dénonçons aussi l’absence de dialogue entre les acteurs politiques et les étudiants, à la fois systématiquement victimes des échecs et mis à l’écart des décisions. Pour les étudiants en STAPS, comme pour tous les autres, nous militons pour que le processus démocratique, mis à mal par des gouvernements toujours plus inféodés aux orientations européennes, retrouve sa place et intègre la jeunesse, fer de lance de la Nation.
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