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La grande pitié de la Basilique Sainte-Jeanne-d'Arc

par fnj-midi-pyrenees 30 Octobre 2012, 12:54

Jeanne d'ArcTribune libre de Karim Ouchikh, conseiller de Marine Le Pen à la Culture et la Liberté d’expression

Six cents ans après sa naissance aux confins de la Lorraine, dans le petit village de Domrémy-la-Pucelle, Jeanne d’Arc continue plus que jamais à incarner le bel idéal patriotique qu’aucun autre personnage illustre de l’histoire de France n’a éprouvé, ni égalé depuis avec autant de force : « La patrie, elle l’a créée avant même que le mot en soit inventé » disait d’elle cet autre natif de Lorraine, Raymond Poincaré. Au fil des siècles, avec une intensité toujours plus grande, sans que son épaisseur temporelle n’ait été altérée si peu que ce soit, la figure de Jeanne a été célébrée et magnifiée partout en France au point de devenir peu à peu un mythe national, le plus puisant sans doute entre tous, consubstantiel en tous les cas aux traits authentiques de la mentalité collective du peuple français. L’écho de ce charisme singulier a d’ailleurs très tôt dépassé les limites de nos frontières, si bien que la postérité méritée de Jeanne d’Arc est devenue à présent universelle.

Pro deo et patria : inséparable de son grandiose itinéraire politique et militaire, la dimension religieuse de la fascinante épopée de Jeanne aura conduit la Pucelle sur les chemins de la sainteté : encore aujourd’hui, au carrefour de tant de sentiments profonds, Jeanne est restée une sainte immensément vénérée partout dans le monde. Au lendemain de la Grande guerre, celle qui fut canonisée par l’Eglise catholique en 1920 fut aussi honorée solennellement  par la République qui institua, la même année, à l’initiative de Barrès, autre grand Lorrain, une fête nationale célébrée le deuxième dimanche de mai. En 1922, prenant acte de la piété populaire et de la ferveur grandissante qui entouraient depuis si longtemps cette fille de Dieu, le pape Pie XI proclama Jeanne d’Arc sainte patronne secondaire de la France.

Le culte johannique fut d’un tel rayonnement en cette fin du XIXe siècle, ralliant paradoxalement autour de la figure consensuelle de Jeanne aussi bien les partisans d’une restauration monarchique que les tenants d’une République encore balbutiante, que l’Eglise de France édifia la Basilique Sainte-Jeanne-d’Arc sur le coteau forestier du Bois-Chenu, situé au-dessus de la localité de Domrémy-la-Pucelle, à l’endroit même où précisément la jeune Lorraine entendit ses Voix. La première pierre de cet édifice religieux fut posée le 3 novembre 1881, mais ce n’est qu’en 1926 que l’église fut consacrée, avant que le lieu de culte ne soit érigé par Rome en basilique mineure le 4 juin 1939. La crypte fut ouverte au culte le 8 mai 1891 : dédiée à Notre-Dame des Armées, elle abrite un émouvant lieu de prière voué à la mémoire des soldats morts pour la France.

Dominant l’admirable vallée de la Meuse, se dressant dans une solitude empreinte d’une grave sérénité, ce vaste édifice polychrome, de style néo-roman, est décoré de belles mosaïques monumentales ainsi que de huit peintures splendides réalisées par Lionel Royer, remarquable peintre d’histoire français, selon un programme iconographique qui épouse fidèlement les grands épisodes de la vie de la sainte. Inscrite à l’inventaire des monuments historiques depuis le 24 juillet 2006, la Basilique Sainte-Jeanne-d’Arc tarde toutefois à être classée par des pouvoirs publics défaillants qui s’appliquent, ces dernières années, à lui manifester un évident mépris. Les décennies passant, elle s’est dégradée inexorablement, dans l’indifférence générale, au point que l’édifice religieux, actuellement en péril, est exposé à un risque probable de fermeture qui lui interdirait prochainement tout exercice du culte, si aucun des travaux urgents que réclame pourtant son déplorable état sanitaire actuel n’est entrepris dans les plus brefs délais : la toiture requiert ainsi une réfection complète ; la galerie sud doit être rénovée ainsi que la partie jointive entre la nef et le clocher ; la flèche doit être également consolidée ; les installations d’électricité et de chauffage exigent tout autant d’être remises aux normes…Autant de considérables dépenses d’entretien que l’humble diocèse de Saint Dié, propriétaire de ce lieu de pèlerinage, est bien incapable de supporter sur ses maigres deniers. Devant tant d’infortunes que les ravages du temps et l’incurie des hommes ne cessent d’alimenter, ne pouvant guère compter sur le concours financier des pouvoirs publics, l’évêque de Saint Dié, Mgr Jean-Paul Mathieu, a pris l’heureuse initiative de faire appel à la générosité publique pour collecter les fonds nécessaires à la sauvegarde et à la rénovation d’un édifice si emblématique de l’histoire de France.

A Domrémy-la-Pucelle, dans les murs de ce haut lieu de foi qui marque chaque jour la reconnaissance par l’Église de la sainteté de Jeanne, par-delà les convictions philosophiques et spirituelles de chacun, les Français communient intimement dans un idéal patriotique toujours vivace, non sans mesurer à cet endroit éminent combien a toujours été estimable la noble histoire de France. A l’occasion du 6ème centenaire de la naissance de Jeanne d’Arc, nous ne pouvons que répondre présent au rendez-vous de cette salutaire souscription nationale et contribuer de la sorte, chacun d’entre nous, à sauver du néant la Basilique Sainte-Jeanne-d‘Arc afin que se perpétue toujours, dans ce vénérable sanctuaire, le culte de la  » Sainte de la Patrie « .

Les dons peuvent être adressés à l’ordre de « Association diocésaine de Saint-Dié-Basilique Domrémy » et envoyés à  l’Association diocésaine de Saint-Dié 7, rue de la Préfecture – 88025 Épinal

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