Abdelkader Merah, le frère aîné du tueur de Toulouse et Montauban, est entendu aujourd'hui pour la première fois par les juges d’instruction parisiens en charge de l’affaire Mohamed Merah. Interpellé et mis en examen fin mars, il est suspecté d’avoir aidé activement son petit frère à concrétiser son objectif meurtrier.
Mineur, Abdelkader, âgé aujourd’hui de 29 ans, est interpellé à de multiples reprises pour des affaires de violence et de stupéfiants. Adulte, il devient peintre en bâtiment, se marie, mais peine à se ranger. « C’était un gars du quartier : il buvait, il fumait, il volait, il faisait des conneries », reconnaît Yamina, son épouse, devant les enquêteurs. A l’automne 2006, l’aîné des Merah se convertit à l’islam et commence à fréquenter la mosquée. Un intérêt soudain, né de la rencontre avec un certain Sabri Essid, figure de la nébuleuse toulousaine jihadiste.
En août 2010, le couple se rend au Caire pour un séjour de quatre mois. Mohamed Merah vient lui rendre visite, « sans prévenir », dit Abdelkader aux enquêteurs. Yamina et Abdelkader retournent en Egypte fin 2010. Ce dernier voyage et les liens tissés avec Sabri Essid, condamné entre-temps pour avoir développé une filière jihadiste par l’intermédiaire de l’Irak, interpellent les services de renseignements français, qui décident de le placer sous surveillance. Au Caire, Abdelkader loge avec d’autres « frères de France ». Les renseignements notent alors des connexions entre ces Français de passage et les radicaux d’al-Nour — un parti salafiste — soupçonnés de préparer un coup d’État. En garde à vue, le frère refusera pourtant d’évoquer ses fréquentations égyptiennes.
Son ordinateur regorge de conférences du cheikh salafiste belge Douad Van Beveren et son iPod contient des textes au titre évocateur tel que « Comment tromper le service de renseignements qui est aux trousses des jihadistes ? ». Mais pour l’aîné des Merah, l’islam radical n’existe pas. « Pour moi, il n’y a qu’un islam, c’est celui du texte », dit-il en garde à vue. Le jihad qui consiste « à propager l’islam au niveau mondial » peut justifier le recours au « combat, à la guerre », souligne-t-il néanmoins devant les enquêteurs.
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