Tribune libre de Jean-Baptiste Marly, Secrétaire régional du FNJ d’Ile-de-France
Il s’agit d’un petit bouleversement dans le monde de l’Internet administratif et juridique français. Isabelle Falque-Pierrotin, Conseiller d’Etat, diplômée d’HEC et de l’ENA, passée par l’OCDE, vient d’être élue, le mois dernier, présidente de la Commission Nationale Informatique et Libertés. Il s’agit de la première femme élue à ce poste.
Mais hormis la sphère de l’internet juridique parisien, cette nomination n’est qu’une façade derrière lequel se cache un pouvoir centralisateur toujours aussi liberticide.
Pendant près de 10 ans, elle a dirigé les Forum des droits sur l’Internet, ayant pour but de réfléchir aux questions de droit et de société liées à l’Internet (sic). Ayant bien compris qu’Internet pouvait être une source d’expression directe du citoyen, les différents gouvernements ont essayé depuis la dernière décennie, d’encadrer, de contrôler, en d’autres termes, censurer les forums et autres blogs concernant certains sujets. Ce qui a amené le gouvernement Sarkozy à se pencher sur le sujet et adopter la loi liberticide HADOPI.
Revenons quelques mois en arrière. En janvier 2010, un an après les troubles au Moyen-Orient, Madame Falque-Pierrotin remet au Premier ministre François Fillon un rapport dans lequel elle justifie un contrôle plus grand d’un certain nombre de site, sous couvert de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la pédophilie. « Les auteurs du rapport n’ont pas réussi à mesurer le racisme, ni l’évolution du phénomène, mais ce qui les a préoccupés et frappés c’est le racisme ordinaire qu’on trouve dans les commentaires lié à une tendance … les Français n’ont pas encore compris ce qu’était Internet, ils ne sont pas dans leur salon« , nous dit-elle.
Véritable chasse orwellienne à tout comportement, attitude ou écrit litigieux, ce rapport montre bien à quel point nos élites veulent garder le contrôle de ce qui est dit sur Internet, passant par la sanction s’il le faut.
Le FNJ, soucieux de ne pas voir censurer un des seuls espaces de liberté que représente l’Internet, il faut rappeler qu’à l’occasion d’une interview datant de fin juin 2011, Marine Le Pen, a confirmé sa forte opposition à la loi HADOPI, évoquant aussi la loi LOPPSI et l’accord européen ACTA sur le même thème. Au pouvoir, Marine Le Pen a réaffirmé qu’elle ferait une grande loi pour sanctuariser la liberté sur Internet, rappelant au passage que la loi s’y appliquera, notamment à l’injure et la diffamation.
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