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Rodez. Les éleveurs demandent à pouvoir vivre de leur travail

par fnj-midi-pyrenees 24 Février 2013, 23:34

EleveursLapins, cochons, chèvres et veaux ont pris leurs quartiers, hier après-midi, dans l'entrée de la galerie marchande du centre Leclerc, de Sébazac. Une mini-ferme installée par les militants des Jeunes agriculteurs de l'Aveyron et de la section caprins de la fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles (FDSEA) venus organiser une action de sensibilisation des consommateurs sur les difficultés que connaissent «toutes les filières de l'agriculture», souligne Sébastien Granier.

Car, et le secrétaire général des JA reconnaît que la situation n'est pas nouvelle, le monde agricole, et notamment le secteur de l'élevage, a du mal à vivre de son travail. La cause de cette situation est toute trouvée par le syndicaliste : «Les marges abusives appliquées par la grande distribution».

«En dix ans, nos charges ont explosé de 20 %. Le prix payé aux producteurs, lui, a stagné. En revanche, l'indice des prix à la consommation a augmenté de 15 % pour les ménages. C'est bien la preuve que les grandes et moyennes surfaces margent largement», dénonce Sébastien Granier qui, en compagnie de Matthieu Alazard, responsable national caprin des JA, demande donc «un rééquilibrage». Cependant, si les éleveurs veulent être mieux payés, ils estiment tout autant «inadmissible» qu'au final, les consommateurs en fassent les frais.

«C'est d'ailleurs déjà le cas pour tous les produits à base de lait de chèvre», précise Matthieu Alazard.

Lequel ne cache pas que chez les éleveurs caprins, la crise est importante. «La bûchette, produit le plus consommé en France, sort de l'exploitation à 3,80 € le kilo. Ce fromage sort de chez l'industriel à 5,40 € pour être finalement vendu en GMS à 9,40 €/kg. Pendant ce temps, en deux ans, les éleveurs ont perdu 50 € les 1 000 litres», détaille-t-il en ajoutant : «Le lait de chèvre se vend à 50 centimes le litre mais le coût de production dépasse les 60 centimes le litre».

D'où la demande particulière de ces éleveurs à pouvoir récupérer l'argent perdu. «Pour cela, il faut que la grande distribution rogne sur ses marges. Il y a des négociations mais, à ce jour, deux enseignes refusent tout net. C'est Leclerc et Carrefour», explique Matthieu Alazard. Le choix de la manifestation d'hier, toute pacifique et au cours de laquelle les éleveurs ont pu rencontrer le directeur du magasin, n'était donc pas lié au hasard.

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