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Sortie de l'euro selon le FNJ : leurs critiques, nos réponses

par fnj-midi-pyrenees 10 Avril 2011, 20:27 Actions militantes

Sortie de l'Euro« L’hyperinflation consécutive à la sortie de l’euro aura pour conséquence inévitable l’effondrement du pouvoir d’achat des Français. »

 

Aujourd’hui, il existe déjà une inflation cachée, qui se trouve dans l’endettement de la France : faut-il rappeler qu’avec une dette publique totale de presque 1700 milliards d’euros, soit 83% du PIB, nous sommes quasiment les champions du monde des déficits ?

 

De plus, en conservant l’euro, la résorption de la dette (voir plus bas) nécessitera forcément l’augmentation des impôts et des coupes drastiques dans les budgets sociaux, et donc, à terme, une baisse du pouvoir d’achat.

 

A l’inverse, l’instauration des droits de douane différenciés et la dévaluation de l’ordre de 20 à 25% du franc relanceront l’économie et l’emploi, de même qu’ils dégageront des marges de manœuvre budgétaires pour lutter contre les déficits. Or, la lutte contre les déficits, via la diminution de la masse monétaire en circulation qu’elle induit, c’est la lutte contre l’inflation. Par ailleurs, nous instaurerons le retour à l’échelle mobile des salaires (supprimée en 1983 par Jacques Delors et François Mitterrand sur l’autel de la rigueur…), c’est-à-dire la réindexation des salaires sur l’envolée des prix, de manière à garantir à chaque Français un pouvoir d’achat digne de ce nom.

 

« Le prix des importations va monter en flèche. Et comment allons-nous payer le pétrole, qui sera toujours libellé en dollar ? »

 

En effet, le pétrole continuera à s’échanger en dollar, pour la simple et bonne raison que le dollar, certes déclinant, reste la monnaie de réserve internationale de référence. Cependant, il faut distinguer deux types de produits : ceux que nous importons mais que nous produisons aussi ou que nous sommes susceptibles de produire à l’avenir, notamment une fois la dévaluation compétitive mise en œuvre, et ceux que nous importons et que nous ne pourrons jamais produire faute de ressources naturelles (l’exemple le plus parlant étant le pétrole).

 

Pour la première catégorie de produits, le renchérissement des importations (par ailleurs accentué par l’instauration des droits de douane différenciés) est un mal pour un bien, car cela aura pour conséquence de rendre plus chers les produits fabriqués à l’étranger comparativement à ceux fabriqués en France. Il s’ensuivra donc une relocalisation de la production à l’intérieur du territoire national.

 

S’agissant de la deuxième catégorie, c’est-à-dire principalement les matières premières, nous procéderons à une diminution des taxes prélevées par l’Etat et les collectivités locales sur ces produits. Ainsi, pour le pétrole, la taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP), qui représente environ 60% des prix à la pompe, sera abaissée de 20%. Cette diminution des ressources financières sera compensée par la taxation des superprofits des entreprises du CAC 40 : les bénéfices de Total ont augmenté de 32 % en 2010, à 10,3 milliards d’euros, qui plus est en pleine crise économique !

 

« Les pays vers qui nous exportons établiront eux-mêmes des mesures de rétorsion pour éviter d’y perdre au change. »

 

Mais c’est déjà le cas ! Beaucoup de grands pays pratiquent un protectionnisme raisonné et raisonnable à leurs frontières, soit sous forme monétaire, soit sous forme douanière (ou les deux). Les Etats-Unis, via les « Quantitative easing » I et II récemment mis en œuvre par la Fed, viennent de procéder à de grandes opérations de monétisation de leur dette et, ainsi, à une politique de dévaluation compétitive conforme à leurs propres intérêts. Quant à la Chine, son yuan sous-évalué a précisément pour objectif de favoriser la production nationale et les exportations des produits chinois vers le reste du monde. Nous pourrions également évoquer le cas du Brésil, où les produits industriels de l’Union européenne sont taxés à 30%, ou encore celui de l’Inde, prête à défendre son acier par tous les moyens. Il n’y a aucune raison que la France, actuellement coincée par le dogme eurocrate de la soi-disant « concurrence libre et non faussée », soit condamnée à rester le dindon de la farce ad vitam aeternam : a-t-on le droit de se faire respecter ?

 

« Si le franc est dévalué de 20%, la dette publique détenue par les non-résidents augmentera elle aussi de 20 %. Comment allez-vous donc éviter la fuite en avant des finances publiques ? »

 

Effectivement, d’après les derniers chiffres de l’Agence France Trésor (AFT) datant de septembre 2010, 69% des 1574 milliards d’euros (soit 1086 milliards) de dette française étaient détenus par des non-résidents. En cas de retour à un franc dévalué de 20%, ces 1086 milliards, souscrits en euro, augmenteraient mécaniquement pour atteindre environ 1300 milliards. D’où, outre les bénéfices fiscaux induits par une relance de l’activité suite à la dévaluation compétitive, la nécessité d’abroger la loi de 1973 (voir ci-dessous) : en cessant cette véritable folie qui a consisté à payer plus de 1300 milliards d’euros d’intérêts depuis 1973 (soit presque l’équivalent de notre dette), dès 2016, la France aura retrouvé des excédents budgétaires, et dès 2025, la totalité de la dette publique aura été remboursée. Avec le statut-quo actuel prôné par le Système, qui plus est au prix de sacrifices sociaux considérables, il faudra attendre plus de 100 ans avant que la dette de la France soit remboursée ! Cette perspective ne semble d’ailleurs pas gêner le gouvernement puisque Philippe Mills, le directeur de l’AFT, a récemment révélé dans une interview aux « Echos » qu’il n’excluait pas de lancer des emprunts d’une durée de 100 ans (50 ans étant la durée la plus longue actuellement) : comme disait Keynes, « à long terme nous serons tous morts », alors empruntons à un siècle et dormons tranquille…

 

« Les agences de notation vont s’empresser de dégrader la note de la France et les taux d’intérêt exigés par les marchés atteindront voire dépasseront les 10 %. »

 

Du fait de l’abrogation de la loi Pompidou-Giscard-Rothschild du 2 janvier 1973, qui à obligé l’Etat français à aller emprunter sur les marchés financiers rapaces, la question ne se posera plus : les agences de notation ne seront plus payées par la France pour noter sa dette, puisqu’elle ne fera plus appel aux investisseurs privés pour la financer. Comme c’était le cas avant 1973, la France pourra alors emprunter à 0% à la Banque de France (qui aura donc retrouvé son pouvoir historique et régalien de battre monnaie), et non pas à 10% comme certains le prédisent.

 

« Le franc se dépréciera progressivement et finira par ne rien valoir sur la scène internationale »

 

Faux : du fait de l’effondrement programmé du système monétaire international (SMI), le franc n’évoluera plus au sein d’un système de changes flottants comme c’est le cas actuellement pour l’euro, mais sera très probablement adossé à un étalon monétaire polymétallique constitué d’un panier de monnaies et de métaux précieux (or, argent platine, platine…). Avec le retour à un système en partie similaire à celui de l’étalon-or (qui avait d’ailleurs parfaitement bien fonctionné à la Belle Epoque), il deviendra beaucoup plus difficile de spéculer contre notre monnaie, tout simplement parce que son cours ne sera ni déterminé en fonction de l’offre et de la demande (système de changes flottants), ni même exclusivement en fonction de telle ou telle autre monnaie (système de changes fixes), mais bien en fonction de métaux de référence.

 

« Je vous mets au défi de me citer un seul économiste sérieux qui soutient vos thèses. »

 

Il n’y en a pas seulement un, mais une bonne dizaine, par ailleurs tous extrêmement compétents ! Les plus connus sont Christian Saint-Etienne, ex-économiste au FMI et auteur de « La fin de l’euro », Jacques Sapir, professeur à l’EHESS, Norman Palma, maître de conférence à l’université Paris-Sorbonne, Jean-Luc Gréau, ancien expert du MEDEF, Philippe Simonnot, chroniqueur au « Monde » et au « Figaro », Alain Cotta, auteur de « Sortir de l’euro ou mourir à petit feu »… sans oublier Maurice Allais, seul Français de l’Histoire à avoir obtenu le prix Nobel d’Economie, en 1988. En 2012, « on risque d’avoir une Marine Le Pen et un Front national qui arrivent avec le seul programme économique raisonnable » : une phrase à méditer… et qui nous vient d’Emmanuel Todd en personne !

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commentaires
R
<br /> C'était très très instructif, des articles comme sa plus souvent serait super, merci beaucoup ;)<br /> <br /> <br />
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