Christiane Taubira y croit : « Nous allons détruire, pulvériser les méthodes qui prétendent que le bon sens dit qu’il faut enfermer […] sans cesse alors que c’est cet enfermement sans cesse qui crée du danger pour la société. » La preuve par le bracelet électronique.
Suite à une série de braquages commis à Paris depuis le 20 mai 2014, un suspect, âgé de 27 ans et condamné pour vol aggravé le 25 mars 2013 à trois ans de prison dont deux avec sursis, a été interpellé dimanche. Casqué et sous la menace d’un pistolet, ce détenu – qui effectue donc sa peine en dehors de la prison – braquait pharmacies, boulangeries, stations-service, supérettes mais aussi des particuliers : 16 vols commis sous bracelet électronique. Ce qui est, pour le garde des Sceaux, la perle de l’incarcération en liberté s’avère, dans la réalité, tout simplement impossible, au moins en région parisienne, disait un juge d’application des peines au Figaro, en mai.
L’auteur présumé des 16 braquages sous bracelet électronique fait partie des 1.830 bracelets circulant dans huit départements de la région parisienne où le taux d’incident (comme le non-respect des horaires) est de 10 à 15 %. Et sur la France entière, entre 2011 et 2013, ce sont 11.000 personnes qui purgent leur peine hors les murs de prison, des « flux et des stocks ingérables », explique le sous-directeur de l’administration pénitentiaire, quand on compte un juge d’application des peines (JAP) pour 120 dossiers. Le résultat ? Donner du mou aux prisonniers en leur accordant chaque soir 1 h 30 de rab sur l’horaire prévu, et même instaurer la prison à mi-temps en renonçant à la surveillance durant le week-end, du vendredi au dimanche soir, soit trois jours par semaine. Mais alors, quelle valeur peuvent bien représenter ces contraintes pénales quand le mot « contrainte » ressemble à du vent ?
À quoi sert le « paramétrage » des boîtiers pour les heures de pointe (le matin et le soir) quand tout le reste de la journée, les détenus sont libres de braquer commerces et particuliers ?
Quelle sera, dans ces conditions, l’utilité de 400 postes supplémentaires de conseillers d’insertion et de probation, et même 1.000, d’ici 2017 ? Les failles déjà démontrées du système ne résident donc pas tant dans le nombre insuffisant de juges d’application des peines et de conseillers d’insertion que dans l’inefficacité très majoritaire de la peine.
En revanche, ce qui a explosé, depuis début 2014, ce sont les cambriolages – un millier par jour –, les vols à la tire, et les violences gratuites en augmentation de 8 %. La hausse concerne quatre départements métropolitains sur cinq. Et comment pourrait-il en être différemment quand toute condamnation inférieure ou égale à cinq ans se passe en quasi-liberté, et en presque totale impunité ?
La méfiance, voire la haine, de Christiane Taubira à l’égard du bon sens est très inquiétante. Il n’y a plus qu’à espérer, pour les prochaines présidentielles, un candidat qui prétendra que laisser dans la nature des individus réputés dangereux est de la pure folie et qu’il obtienne la majorité des suffrages.
Caroline Artus pour le site Boulevard Voltaire
Source
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